Partenariat pour la Protection Intégrée

En République démocratique du Congo (RDC), le début de l’année 2024 a été marqué  par la publication des résultats des élections présidentielles, législatives et municipales qui  ont eu lieu le 20 décembre 2023. A partir de la publication des résultats du scrutin présidentiel
intervenue le 31 décembre 2023, des nombreuses déclarations politiques les contestant ou supportant la crédibilité du processus électoral. Le phénomène s’est reproduit lors des publications des résultats des élections législatives, provinciales et municipales qui étaient
précédées et suivies d’une série de contestations notamment au sujet de bourrage des urnes et de multiples irrégularités.
Deux ans avant la tenue de ces élections, l’État de siège a été décrétée en mai 2021 pour les provinces du Nord Kivu et de l’Ituri dans la partie Est du pays, fragilisée par l’insécurité depuis maintenant trois décennies, et définit comme une réponse à cette insécurité et comme un
élément central de la stratégie du gouvernement pour le retour effectif de la paix.
Trois ans plus tard, peu de résultats ont été enregistré : la situation est restée chaotique, allant même de mal en pire! Que des scènes dramatiques vécues au quotidien ! Aux tueries, aux pillages, aux viols, au racket des populations, aux incendies des villages, aux déportations et
à la criminalité urbaine, s’est ajoutée la guerre d’agression de la RDC mené par le Mouvement du 23 mars (M23) appuyés par l’armée rwandaise.
Au Nord comme au Sud, à l’Est comme à l’Ouest, une majorité de citoyens souffrent des mauvaises conditions socio-économiques dans lesquelles vit la population, expliquée pour beaucoup par la persistance de pratiques de mauvaise gouvernance, notamment le détournement des deniers publics et la corruption.

Devant couvrir des élections sujettes aux controverses politiques, à la guerre et aux violations des droits humains, aux conditions socio-économiques déplorables ainsi qu’à l’impunité, les défenseurs de droits de l’Homme et les professionnels des médias ont subi un grand nombre
de toutes formes de menaces pour avoir porté haut la voix et la souffrance de la population.
Au cours de l’année 2024, les formes d’atteintes à la liberté de la presse ont pris diverses formes :
cas d’incarcérations, poursuites judiciaires contre des journalistes, agressions, menaces de mort, pressions fiscales, fermeture de certains organes de presse ou entraves au libre accès à l’information.
Dans ce contexte, la situation des journalistes s’est aggravée à l’Est de la RDC, particulièrement en province du Nord-Kivu où sévit la rébellion du M23 ainsi que dans les provinces de Maï Ndombe avec le phénomène « mobondo », la province de l’Ituri, du Maniema et du Sud
Kivu où les journalistes sont souvent victimes d’attaques entre parties au conflit alimenté par l’activisme des groupes armés locaux. À cela s’ajoute la persistance de la corruption qui est un défi de taille dans le fonctionnement de l’appareil judiciaire.
Plusieurs cas de menaces et d’intimidations à l’endroit des journalistes sont rapportés par les organisations de défense des droits de l’Homme, notamment PPI et OLPA à travers le monitoring quotidien des attaques contre la liberté de presse.
Ces journalistes sont arrêtés ou poursuivis en justice pour des faits liés à leur travail d’information, ou encore sont contraints de quitter leur milieu de vie pour vivre dans la clandestinité.
Les menaces subies sont, dans la majorité des cas, perpétrées par des personnes investies du pouvoir public et des groupes armés.
Malgré ce contexte hostile à leur travail, les professionnels des médias n’ont pas désarmé.
Ils ont bataillé dur et se sont rassurés que la population jouisse de son droit d’être informée,
malgré le prix à payer

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