
Au moment où le monde entier s’apprête à célébrer la journée internationale de la presse le 03 Mai 2019, beaucoup des violations des droits de journalistes ont été enregistrées en République Démocratique du Congo (RDC) au cours du mois d’Avril 2019. A cela s’ajoute d’autres atteintes graves aux droits des défenseurs des droits humains (DDH), tous pendant l’exercice de leur profession. Au cours de ce mois, Partenariat pour la Protection Intégrée (PPI), organisation du droit congolais à mandat régional œuvrant pour la promotion de la paix et la protection des défenseurs des droits humains, a documenté « Cent trente neuf (139) nouveaux cas des violations des droits des défenseurs des droits humains et des journalistes en RDC », un chiffre largement supérieur à celui de mars 2019, où 13 cas ont été rapportés. Dans le secteur des médias, « Nonante quatre (94) cas des violences contre les journalistes et entreprises de presse » ont été documentés en Avril. Il s’agit d’un journaliste de la radio télé EKA émettant depuis Bukavu en province du Sud-Kivu qui a été molesté par les étudiants de l’Institut Supérieur Pédagogique (ISP Bukavu) alors qu’il couvrait les échauffourées qui les opposaient aux motards, et cela depuis qu’ils ont lancé un mouvement de grève revendiquant le paiement des frais académiques au taux de 920Fc. D’autres journalistes, au total quatre-vingt neuf (89) de Télé 50 ont été arrêtés par la police à Kinshasa et conduits au parquet général de Kinshasa alors qu’ils manifestaient pour dénoncer les arriérés de leurs salaires et le refus pour leur directeur de leur permettre d’installer un syndicat des travailleurs au sein de leur entreprise de presse. En outre, trois (3) autres journalistes ont été menottés et tabassés par la police à Bunia en province d’Ituri et la radio Nsanga de Kananga au Kasaï a été fermée par le Directeur de l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPTC). D’autres DDH des catégories confondues ont été touchés par des violations de leurs droits en Avril. Parmi eux l’on compte cinq (5) DDH du Sud-Kivu dont un (1) membre du bureau de coordination de la société civile sous noyau de Nkafu attaqué par les hommes armés non autrement identifié la nuit chez-lui, trois (3) membres de la nouvelle dynamique de la société civile (NDSCI) arrêtés et torturés par les éléments de la garde républicaine (GR) commis à la concession querellée entre l’ex-président congolais Joseph KABILA et la population de Mbobero, ainsi que deux (2) membres du comité des victimes de Mbobero dont une femme arrêtée et torturée et un homme d’une septantaine d’années blessé par balles au bras par les éléments de la GR. En plus, l’on a noté l’arrestation de trente huit (38) militants des mouvements citoyens, dont huit (8) à Mbujimayi, cinq (5) à Goma, neuf (9) à Butembo et seize (16) à Beni pendant qu’ils manifestaient pacifiquement pour diverses revendications. Au Sud-Kivu, les militants des mouvements citoyens en sit-in à l’endroit dit « Murhundu » (à plus ou moins 10km de la ville de Bukavu) pour
revendiquer la réhabilitation de la route Bukavu-Kavumu en état de délabrement très avancé surtout à cet endroit communément appelé « Murhundu » ont été dispersés à coup de gaz lacrymogène par les militaires des forces armées (FARDC).