By ppi2019

KABARE : Lancement de la “campagne jeunes nous pouvons” à Kavumu

Plus de 250 responsables des structures de la société civile venus de six groupements de  la chefferie de Kabare  dans sa partie Nord ont répondu  présent à la présentation de la campagne jeunes  nous pouvons et des résultats de l’enquête sur l’impact des élections de 2006 et de 2011 sur le vécu quotidien des habitant de ce coin de la province du sud kivu.  L’activité s’est tenue à Kavumu centre dans la salle Lushamba, devant  certains candidats à la députation nationale et provinciale. Le centre de Kavumu est situé à plus de 30 km au nord de la ville de Bukavu.

Pour les participants, les anciens élus ont lamentablement échoué et ils doivent être changés par une nouvelle génération des dirigeants.

«  Nos anciens députés ont échoué. Tu vois ils ne sont pas venus car ils sont conscients. Nous allons les sanctionner aux prochaines élections. C’est déplorable qu’en douze ans ils n’ont rien fait pour nous. L’éducation, l’insécurité, l’emploi, rien ne marche », se plaint Marcellin Runesha, un cadre de la société civile de Katana un autre centre situé sur la route nationale N°5 qui mène vers la province du Nord Kivu.

Après la présentation des résultats de l’enquête, la campagne Jeunes nous pouvons a été expliquée aux participants. Après une breve explication, certains participants ont demandé adhérer à la campagne car selon eux si la jeunesse ne prend pas sa responsabilité, le pays va continuer à sombrer dans la mauvaise gouvernance.

Faisant sienne cette recommandation, un des coordonnateurs de la campagne jeunes nous pouvons, Justin nkumbarhi et chargé de la Nouvelle Technologie à l’ONG PPI, a rassuré les participants que les sensibilisations  vont continuer pour que la jeunesse votent utile et surtout votent pour des jeunes ambitieux et courageux.

«  La campagne jeunes nous pouvons vous appartient. Chacun dans son coin doit porter en lui ce slogan et sensibiliser d’autres jeunes. Il est temps que les jeunes se réveillent et s’occupent  aussi de la gestion du pays. Ce  n’est  pas une affaire des vieux seulement », recommande Nkumbarhi.

Plus de 17 candidats à la députation nationale et provinciale ont eu chacun  huit minutes pour échanger avec les participants. L’ambiance était électrique dans la salle. Certains candidats ont demandé que les mêmes séances soient tenues sur toute l’étendue de la province.

Cette activité a été organisée conjointement avec  la société civile de Kabare, l’organisation Union pour la solidarité fraternelle, USF et l’ong régionale PPI.

By ppi2019

RDC: Lois liberticides, la liberté d’association en danger

Dans une lettre ouverte datée du 21 mai dernier, Rigo Gene Woyie, secrétaire général du Conseil national des organisations non gouvernementales de développement (CNONGD), qui compte 565 membres, a interpellé les sénateurs et les députés congolais à propos d’un projet de loi modifiant la législation de 2001 sur les associations sans but lucratif (asbl). Le CNONGD se dit inquiet d’un tel projet « contraire à l’esprit et à la lettre de la constitution du 18 février 2006 » qui garantit la liberté d’association.

L’interpellation survient alors que ce projet, « négation du rôle et de la place des asbl dans le développement du pays », selon le CNONGD, introduit par le ministre de la Justice Alexis Thambwe Mwamba, est examiné depuis mars en commission à l’Assemblée nationale. Il consacre « la confiscation de la liberté des associations en RDC au mépris de tous les accords et conventions internationaux auxquels le pays s’est librement et volontairement engagé », comme la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ainsi que l’article 30 de la déclaration universelle des droits de l’homme, déplore la lettre.

Le projet vient durcir les conditions d’agréation des ONG qui, jusqu’ici, après avis favorable du ministre sectoriel, pouvaient exercer leur activité à titre provisoire pendant six mois, avant que le ministère de la Justice ne leur confère la personnalité juridique. Un dispositif trop permissif selon Alexis Thambwé. Le ministre, un dur du régime, estime que la loi en vigueur favorise la création « d’innombrables asbl qui ne permettent pas de concilier l’exigence de l’ordre public le principe de la liberté d’association ». Et dans l’exposé des motifs de son projet, il dévoile sa véritable intention « L’ordre public est constamment troublé par des actes subversifs de certaines associations ». Puis, pour mieux pouvoir frapper les asbl au portefeuille, il invoque le besoin de lutter contre leur financement illicite, le blanchiment des capitaux et de criminalité transfrontalière, par souci de « transparence », menaçant de déclarer « nulle de plein droit » toute association qui serait de nature à compromettre la sécurité et l’ordre public ou jetterait le discrédit sur les institutions politiques. Il va devenir interdit de critiquer le régime.

Si le texte est approuvé, les asbl ne pourront pas entamer leur activité et devront attendre le feu vert du ministre de la Justice, explique Sabine Kakunga chargée Afrique centrale au Conseil national de la coopération au développement (CNCD), partenaire du CNONGD en Belgique. Tout une série de projets bénéficiant aux populations dans les zones les moins accessibles, vont s’arrêter, anticipe le secrétaire général du CNCD, Arnaud Zacharie. En outre, le financement des ONG congolaises par leurs partenaires étrangers va se trouver entravé sous prétexte de lutte anti-blanchiment. Elles seront tenues de déclarer dans les huit jours sous peine d’annulation de la transaction, tout versement d’un montant supérieur ou égal à 5 000 dollars. Pour Arnaud Zacharie, le pouvoir congolais cherche à bloquer l’arrivée de fonds aux ONG. Une volonté liberticide qui remonte à plusieurs années. Emmanuel Luzolo Bambi, ministre de la Justice de 2008 à 2012 puis conseiller spécial de Kabila pour lutte contre la corruption avait déjà dans le collimateur les ONG des droits de l’homme au « comportement extrême ». Un mauvais calcul de la part du gouvernement, pour le secrétaire général du CNCD, car les mouvements citoyens dans les quartiers ne bougent pas à cause des financement présumés d’Ong internationales sinon parce que les jeunes n’ont aucune perspective, économique, sociale.

Pour Arnaud Zacharie, il faut considérer ce projet de loi sur les ONG comme constitutif d’un arsenal répressif plus large qui comprend trois autres textes et constitue une « menace de restriction grave des libertés ». Un deuxième texte prévoit qu’une personne convaincue de complicité en lien avec des actes de terrorisme sera privée automatiquement de ses droits civiques et politiques. Le plus piquant est qu’il émane d’un ministre qui fait l’objet d’une plainte pour crime contre l’humanité introduite devant la justice belge, en 2017, par les familles de 50 victimes de l’attentat contre le Boeing de Congo Airlines abattu par un missile, en octobre 1998, revendiqué par Alexis Thambwé sur RFI. Un troisième projet concerne des restrictions au droit de manifester et le quatrième prévoit que toute communauté religieuse qui prend part à des activités politiques et à des manifestations sera fermée. Ira-t-on, demande Arnaud Zacharie jusqu’à interdire la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ?

Source: LA LIBRE AFRIQUE

By ppi2019

Mort de Luc Nkulula en RDC: la Monusco assiste la police dans son enquête (RFI)

Une enquête pour « incendie criminel » est en cours après la mort de Luc Nkulula dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 juin. Des proches de l’activiste de la Lucha réclamaient des investigations après l’incendie, que certains membres du mouvement trouvent « suspect ». Ils cherchent désormais à rassembler des fonds, sur internet, pour organiser ses obsèques. Les enquêteurs du parquet de Goma vont devoir expliquer la propagation rapide de l’incendie. Ils seront aidés par des experts de la Monusco.

Des effectifs de la police technique scientifique de la RDC ont inspecté mardi les décombres de la maison de Luc Nkulula. Ils ont été dépêchés par le parquet de Goma.

Le procureur supervise les investigations et il a accepté l’aide de la Monusco durant la procédure. La mission des Nations unies disait se tenir à disposition de la justice congolaise. Elle a donc envoyé un expert depuis Kinshasa, spécialisé dans les incendies. Son objectif : trouver l’origine du sinistre. Il est épaulé par des effectifs de police de la mission de l’ONU.

Les enquêteurs devront aussi élucider la présence d’une moto dans la parcelle de la maison, peu de temps avant le drame. Le deux-roues a été aperçu par la sœur de Luc Nkulula, Amen, qui vivait sous le même toit.

Témoin clé de l’affaire, la jeune femme a été longuement entendue lundi par les enquêteurs. Elle affirme que deux personnes se trouvaient à bord du véhicule, qui a été vu et entendu très proche de la maison seulement cinq minutes avant l’incendie.

Pour l’instant aucun suspect n’a été évoqué par les autorités. L’origine du feu reste indéterminée.

RFI

By ppi2019

L’Afrique au mois de mai : Les droits numériques et les revendications contradictoires entre les États et les citoyens

Journalists and members of the civil society march for the World Press Freedom Day on May 3, 2018, in Nakuru, Kenya. – Afghanistan’s slain journalists were remembered on World Press Freedom Day on May 3, days after the deadliest attack on the country’s media since the fall of the Taliban in 2001. (Photo by Suleiman MBATIAH / AFP) (Photo credit should read SULEIMAN MBATIAH/AFP/Getty Images)

D’une part, une victoire juridique avec la déclaration d’inconstitutionnalité de la diffamation criminelle par la Haute Cour du Lesotho et de l’autre, l’adoption des règlements réprimant la liberté d’expression des utilisateurs en ligne au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.

La Déclaration d’Accra, l’inconstitutionnalité de la diffamation criminelle et les fuites en Afrique de l’Ouest

Le mois dernier, il y a eu trois victoires éclatantes sur le continent: la Déclaration d’Accra élaborée en rapport avec le thème de cette année – « Garder le pouvoir sous contrôle: médias, justice et état de droit »; la décision de déclarer la diffamation criminelle inconstitutionnelle par la Cour constitutionnelle du Lesotho, et la plus grande initiative de collaboration du journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest. Cependant, cette lueur s’est un peu assombrie par le fait que les journalistes dans de nombreux pays ont été confrontés à des attaques de la part des acteurs étatiques et non étatiques.

En même temps que ces victoires pour la liberté des médias et celle d’expression, la région a connu une série de menaces et d’attaques contre des journalistes, des militants et des citoyens dans de nombreux incidents tout au long du mois. Mais le domaine le plus gravement touché a été l’espace numérique, avec l’élaboration des lois qui ont un impact sur la liberté d’expression à la fois de manière subtile et manifeste.
Les nombreux et critiques échanges lors des événements de la Journée mondiale de la liberté de la presse ont abouti à l’adoption de la Déclaration d’Accra – considérée comme un document de pouvoir et de détermination, ainsi comme une revendication résolue en faveur des droits des journalistes. Au milieu de nombreuses clauses protectrices, la Déclaration d’Accra « a souligné la nécessité pour les pays d’examiner les cas de journalistes emprisonnés pour leur travail, en vue de libérer toute personne dont les poursuites ne sont pas constitutionnelles et conformes aux normes internationales », selon un compte-rendu de GhanaWeb.

Dans la plus grande collaboration de journalisme d’investigation de la région, 13 journalistes de 11 pays se sont mos ensemble dans le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) et la Cenozo (Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation) pour lancer West Africa Leaks. (Les fuites de l’Afrique de l’ouest). Comme annoncé, « West Africa Leaks explore l’impact du secret offshore dans les 15 pays qui composent la région la plus occidentale de l’Afrique, où les reporters travaillent en anglais, en français, en portugais et en des dizaines de langues locales ».

« L’équipe a examiné plus de 27,5 millions de dossiers d’enquêtes offshore récentes, dont les Offshore Leaks, Swiss Leaks, Panama Papers et Paradise Papers, afin de demander des comptes à certaines des personnes les plus puissantes d’Afrique de l’Ouest. »

Les journalistes travaillant sur Le West Africa Leaks sont engagés, passionnés et ont une forte conscience de la responsabilité qu’ils portent. « Le citoyen moyen, le pauvre dans la rue, qui a son argent volé par le gouvernement, nous avons vu, même dans la rue, ils nous respectent, et ils respectent le travail que nous faisons. Même si nous n’avons pas beaucoup de sécurité et même si nous n’avons pas tous les moyens nécessaires pour faire notre travail, nous sommes engagés à demander des comptesaux puissants », explique Moussa Aksar, directeur général de L’Évènement au Niger.

Sur le plan juridique, la décision de la Haute Cour du Lesotho, statuant en tant que Cour constitutionnelle, de déclarer inconstitutionnelle la diffamation criminelle, s’est répercutée joyeusement sur tout le continent et dans le monde. « Les trois juges ont estimé que la criminalisation de la diffamation avait un effet dissuasif sur la liberté d’expression journalistique, entraînant une autocensure des journalistes et la sous information du public », a rapporté le CPJ.

Le jugement du Lesotho a suivi la décision d’autres tribunaux africains, notamment la Cour de la CEDEAO, la Cour constitutionnelle du Zimbabwe et la Haute Cour du Kenya, qui avaient également déclaré que l’infraction de diffamation criminelle violait le droit à la liberté d’expression.

Le Rapporteur spécial sur la liberté d’expression et l’accès à l’information en Afrique, Lawrence Mute, a salué la décision et a expliqué qu’elle « est conforme à la Résolution de la Commission sur l’abrogation des lois pénales en matière de diffamation en Afrique » (ACHPR / Res.169 (XLVIII) 10 ), appelant les États parties à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (Charte africaine) à abroger les lois pénales sur la diffamation ou les lois sur les insultes qui entravent la liberté de parole. »

La Sierra Leone semble également prête à abroger la diffamation criminelle selon le ministre désigné de l’Information, Mohamed Swarray, qui a assuré aux journalistes que la fameuse loi pénale et séditieuse sur la diffamation serait abolie sous son mandat. Swarray a dit au comité parlementaire sur les nominations que cette loi n’avait pas sa place dans une démocratie, et que le désir de l’enlever était enraciné dans les promesses de campagne du nouveau président Julius Maada Bio.

En bref

Cette décision progressiste est en direct contraste avec la manière dont les États vont à l’encontre du contenu et de l’esprit des protocoles régionaux et des lois types sur l’accès à Internet, la sécurité de la cybercriminalité et la protection des données. Alors que les gouvernements du continent réalisent qu’il y a une croissance massive du nombre de citoyens partageant des informations via des plateformes en ligne, ils trouvent des moyens alternatifs de réprimer la liberté d’expression. Maintenant, les gouvernements africains vont plus loin – des restrictions ou fermetures d’Internet à l’élaboration de lois qui imposent des barrières administratives ou criminalisent certaines formes d’information.

Deux jours seulement après le WPFD, les Règlements électroniques et postaux 2018 sont entrés en vigueur en Tanzanie. Selon la nouvelle loi, les éditeurs en ligne, y compris les blogueurs et les podcasteurs, sont tenus de payer environ US $ 920 en frais d’enregistrement et de licence. Les blogueurs sont tenus de fournir des informations sur les actionnaires, le capital-actions, la nationalité des propriétaires, les programmes de qualification et de formation du personnel, ainsi qu’un certificat de d’apurement de taxe pour obtenir un permis d’exploitation. Les blogueurs condamnés pour avoir désobéi aux nouvelles règles pourraient être condamnés à une amende de cinq millions de shillings (2 200 $) ou à un emprisonnement d’au moins 12 mois, ou alors aux deux peines.

Au travers de cette règlementation, l’Autorité tanzanienne de régulation des communications (TCRA) a la responsabilité de tenir un registre des blogueurs, des forums en ligne, des radios et télévisions en ligne. La TCRA est également habilitée à prendre des mesures contre la non-conformité à la réglementation, dont l’ordre de suppression du contenu.

Un groupe d’organisations a obtenu une injonction temporaire du tribunal lorsqu’elles ont conjointement porté l’affaire devant la haute cour de Tanzanie, demandant au pouvoir judiciaire de bloquer l’application de la réglementation. Les six organisations ont fait valoir que la nouvelle loi est une violation flagrante de la liberté d’expression ainsi que de la vie privée des internautes. Le 29 mai, les tribunaux ont rendu leur décision, statuant en faveur du gouvernement tanzanien et soutenant qu’il est en droit d’imposer ces règles.

De l’autre coté de la frontière est, le Kenya a adopté la Loi 2018 sur l’utilisation abusive de l’ordinateur et la cybercriminalité dont l’objectif principal était de protéger les consommateurs de la cybercriminalité et de garantir la confidentialité et l’intégrité des systèmes informatiques et des données. Les critiques craignent que le gouvernement puisse abuser des pouvoirs prévus par cette loi pour empiéter sur les libertés sur le net des internautes kenyans, les droits constitutionnels à la vie privée, la liberté d’expression et l’accès à l’information.

Selon la loi, quiconque est reconnu coupable de publication des informations fausses, trompeuses ou fictives sera passible d’une amende maximale de cinq millions de shillings kenyans ou d’une peine d’emprisonnement d’au moins deux ans, ou encore des deux. Comme l’explique Henry Maina, directeur d’Article 19 Afrique de l’Est: « les lois criminalisant les ‘fausses nouvelles’ sont extrêmement problématiques et font souvent l’objet d’abus par les autorités en raison du pouvoir qu’elles accordent aux autorités pour déterminer la ‘vérité’. »

En Ouganda, le voisin du Kenya à l’ouest, des organisations de la société civile et des militants des droits sont descendus dans la rue pour protester contre l’adoption du projet de loi 2018 sur les droits d’accises (Amendement) qui impose une taxe quotidienne aux utilisateurs des médias sociaux dans le pays.

Une déclaration de AFEX rapporte que Moses Magoola, gestionnaire de programme au Réseau des droits humains pour les journalistes en Ouganda (HRNJ-U) estime que l’objectif sous-jacent de l’adoption de cette loi est d’étouffer les droits à la liberté d’expression de millions d’Ougandais qui dépendent de plus en plus des outils en ligne pour communiquer.

« La taxe n’est pas mise en place pour rendre un service, mais bien pour contrôler et dissuader les gens de s’exprimer, en particulier sur les questions civiques et politiques. La mesure vise à désamorcer la mobilisation citoyenne et la communication sur des questions d’importance nationale », explique Magoola.

Le 31 mai, l’organe chargé des Technologies de l’information et de la Communication en Zambie (ZICTA) a annoncé que le gouvernement prévoit de promulguer des lois sur le numérique pour lutter contre les crimes liés à la cybernétique et aux violations des médias sociaux. Le directeur de la ZICTA, Mofyta Chisala, « a laissé entendre que la nouvelle loi exigerait que tous les administrateurs du groupe WhatsApp dans le pays enregistrent les groupes et mettent en place des codes d’éthique à défaut ils risquaient d’être arrêtés. »

Pour parler d’un espace fermé – le Burundi – qui dans le passé avait la réputation et le privilège de jouir de l’un des environnements médiatiques les plus indépendants, est maintenant l’un des régimes les plus violents de la région. En cherchant un troisième mandat, en organisant un référendum constitutionnel, le président Pierre Nkurunziza s’en est pris lourdement et brutalement aux opposants politiques, aux militants des droits humains et aux journalistes.

Le 4 mai, le Conseil national de la communication (CNC) du Burundi a accusé BBC et la VOA de « violation de l’éthique professionnelle » et a imposé une interdiction de six mois à leurs relais locaux. L’intimidation des journalistes s’est poursuivie tout au long de la campagne. Le 7 mai, un journaliste, Jean Bosco Ndarurenze, a été chassé d’une réunion du parti au pouvoir. Son enregistreur audio a été confisqué avant de lui être restitué à la condition que son contenu soit supprimé. Le journaliste de Radio Insanganiro, Pacifique Cubahiro, et son cameraman ont subi le même sors quand ils ont essayé de parler du massacre des résidents dans un village dans le nord-ouest du pays. Quelques jours plus tard, les journalistes du journal Renouveau Burundi ont été empêchés de couvrir des membres du public qui collectaient leurs cartes d’électeurs à la mairie de Bujumbura, la capitale.

La Fondation pour les Médias en Afrique de l’Ouest (MFWA) a souligné de nombreuses « menaces et agressions verbales contre des journalistes et des militants de la société civile en Afrique de l’Ouest pour avoir exercé leur droit à la liberté garanti par la Constitution ».

Ces rapports incluaient l’attaque brutale d’Emeka Ihiegbulem, un correspondant au Nigeria de PUNCH Newspapers, qui a été violemment agressé par un groupe d’hommes de l’armée, de la police et d’autres agences de sécurité alors qu’il couvrait la célébration du 18ème anniversaire de deux groupes séparatistes du Biafra: le Mouvement pour l’Actualisation de l’Etat Souverain du Biafra (MASSOB) et le Mouvement indépendant du Biafra (BIM).

Le député du Ghana pour le compte d’Assin Central, Kennedy Agyapong, a menacé publiquement l’un des journalistes les plus célèbres d’Afrique, Anas Aremayaw Anas, pour sa dernière vidéo d’investigation sur la corruption dans le football ghanéen. Réagissant à l’histoire sur Adom FM, le député a condamné les méthodes d’Anas et a appelé l’inspecteur général de la police à retirer la sécurité qui est fournie au domicile du journaliste.

Abdul Malik Kwaku Baako, rédacteur en chef du New Crusading Guide, a été diabolisé et menacé sur Facebook pour sa remarque disant que tout en respectant Otumfour Osei Tutu II, le roi des Asantes, il ne se serait, en aucun cas, agenouillé devant lui. L’un des messages menaçants envoyés sur les réseaux sociaux a averti Baako en ces termes: « Je viendrai vous chercher à Peace FM et régler ça avec vous. Je saisirai votre sac de documents et les brûlerai ».

Franklin Cudjoe, le président de l’organisation de la société civile IMANI Africa, a été averti par un message sur Facebook que des gens complotaient pour le blesser. Cela semblait être en représailles de ses critiques virulentes contre le gouvernement à propos d’un récent contrat de 89 millions de dollars de service du secteur des télécommunications accordé à une société haïtienne. Cudjoe a déclaré qu’il avait dénoncé les menaces à la police et avait présenté l’alerte qu’il avait reçue en guise de preuve.

Le 10 avril, selon un informateur du Comité pour la protection des journalistes (CPJ), un tribunal militaire camerounais a ordonné la détention provisoire d’Akumbum Elvis McCarthy pour une période de six mois renouvelable pendant que la police enquête sur les allégations selon lesquelles le journaliste avait diffusé la propagande sécessionniste. McCarthy est un diffuseur de nouvelles d’Abakwa FM Radio, une station privée basée dans la région de Bamenda au Cameroun.

À la mi-mai, ARTICLE 19 Afrique de l’Est a publié un rapport sur les violations de la liberté des médias depuis mai 2017. Il y a eu au Kenya 94 incidents enregistrés de violations contre des journalistes et d’autres travailleurs des médias, y compris des blogueurs, pendant cette période. Le rapport va plus loin en incorporant des recommandations au président et au gouvernement du Kenya.

À l’autre bout du monde, les autorités canadiennes ont fait marche arrière sur leur décision de refuser au journaliste d’investigation angolais primé à maintes reprises et défenseur des droits humains, Rafael Marques de Morais, un visa pour le Canada.

Marques prévoyaient rendre visite à son fils adolescent, un citoyen canadien élève dans une école secondaire de Toronto. Selon le Globe & Mail, qui a révélé l’histoire, les autorités canadiennes n’étaient pas convaincues que Marques reviendrait en Angola. Un tollé international d’indignation de divers groupes de défense des droits humains et de la démocratie a poussé le ministère de l’Immigration à revenir sur sa décision controversée d’interdire au célèbre militant africain anti-corruption de rendre visite à son fils.

Source: IFEX

By ppi2019

RDC: Des dizaines des militants pro-démocraties détenues au secret (VOA)

Militants pro-démocratie, opposants, suspects : des dizaines de personnes sont détenues “au secret”, sans avocat ni droit de visite, par les services de sécurité en République démocratique du Congo en cette période d’incertitude politique, dénoncent les défenseurs des droits humains.

L’avocat et les familles de cinq militants pro-démocratie, détenus depuis fin décembre, viennent de demander devant la presse leur libération ou leur comparution devant un “juge compétent”.

D’après leur avocat, ces militants du mouvement Filimbi sont détenus à Kinshasa dans les prisons secrètes de l’Agence nationale de renseignements (ANR), l’un des piliers sécuritaires de la RDC. Certains ont été torturés et souffrent de problèmes de santé, affirment l’avocat et les proches.

Ils avaient été arrêtés parce qu’ils soutenaient la première marche des catholiques, le 31 décembre, demandant au président Joseph Kabila de s’engager à quitter le pouvoir.

Une militante de la Synergie des femmes à Goma (est), ancienne fonctionnaire, a aussi été transférée au siège de l’ANR à Kinshasa mi-mai après avoir été interpellée avec des journalistes qui venaient de rencontrer un groupe armé.

Au total “une centaine de personnes” sont détenues au secret dans tout le pays, d’après l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) qui parle de 17 détentions à l’ANR à Kinshasa et d’une cinquantaine dans le Nord et le Sud-Kivu.

Le bureau conjoint des droits de l’homme de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) ne donne pas de chiffres mais affirme: “Dans la plupart des cas, dès que nous commençons les plaidoyers, les gens sont transférés devant la justice ordinaire”. Le plaidoyer a été vain jusqu’à présent pour les militants de Filimbi, reconnaît cette même instance.

“Les activistes de Filimbi font partie des centaines d’activistes pro-démocratie et défenseurs des droits humains, de journalistes et de dirigeants et partisans de l’opposition politique qui ont été arrêtés depuis 2015 (…). De nombreuses personnes ont été détenues au secret pendant des semaines ou des mois sans que des chefs d’accusation aient été formulés à leur encontre et sans accès à leurs familles ou à des avocats”, dénonce l’ONG Human Rights Watch.

HRW et l’ACAJ rappellent qu’en vertu du droit congolais toute personne détenue a le droit à un avocat dans les 48 heures.

Les conditions de détention à l’ANR sont régulièrement dénoncées. “Nous étions sujets à des menaces quotidiennes de la part de certains agents de l’ANR. Ces derniers nous promettaient des fois la mort”, a raconté à Jeune Afrique en 2016 l’activiste du mouvement citoyen Lucha Fred Bauma, détenu pendant 17 mois dont quelques temps à l’ANR.

“Les conditions de détentions sont très dégradantes et inhumaines”, a témoigné à l’AFP un activiste qui y a séjourné plusieurs fois. Les détenus sont enfermés à dix dans des cellules délabrées où “ils dorment par terre”.

Ils ont droit à cinq minutes matin et soir pour aller se laver et se rendre aux toilettes, avec un repas toutes les 24 heures, a-t-il ajouté.

– “Silence du gouvernement” –

“Il faut avoir les nerfs solides pour tenir”, dit cet habitué du lieu, qui parle de “mort progressive” dans ces cellules.

Des lieux de détention existent aussi dans les locaux des services de renseignement militaires, selon l’avocat Papy Mbaki, qui affirme y avoir été détenu du 14 au 19 mars 2018.

“Ils m’ont arrêté parce qu’ils ont retrouvé des banderoles avec les effigies de Moïse Katumbi dans ma voiture à l’intérieur d’un camp militaire”, a témoigné auprès de l’AFP cet avocat, faisant allusion à un opposant en exil, candidat à l’élection présidentielle.

“Le lendemain, j’ai été transféré au service de la Détection militaire des activités anti-patrie (Démiap, renseignements militaires), auditionné de 13 h à 22 h et accusé de vouloir politiser le camp militaire Kokolo. Ma première nuit à la Démiap, je l’ai passé dans une douche, puis dans un couloir avant d’être conduit dans une cellule de trois mètres sur trois avec 12 autres détenus”, poursuit l’avocat.

“Je n’ai pas été victime de torture physique proprement dite mais plutôt morale: les conditions de détention étaient inhumaines”, se rappelle Me Mbaki.

“Il n’y a pas de civils en détention”, a affirmé à l’AFP un haut-responsable de la Démiap, qui accuse l’ACAJ d’être le porte-voix de Moïse Katumbi. L’ANR n’a pas donné suite aux sollicitations de l’AFP.

L’ACAJ dénonce le “silence du gouvernement face à cette situation troublante”, peut-on encore lire dans l’une de ses lettres.

Interrogé par l’AFP, le porte-parole du gouvernement Lambert Mende n’a pas voulu réagir à ces allégations d’ONG.

Source VOA

Une conférence
By ppi2019

LOIS LIBERTICIDES, L’ÉGYPTE, LA MAURITANIE ET LA RDC CHAMPIONS

Vue d’ensemble de la salle

Une conférence sur les lois liberticides pour les organisations de la société civile se tient à Entebe en Ouganda. Plus de 25 personnes   des  différentes organisations y prennent part et sont venues de la RDC, de la Tunisie, de la Mauritanie, du Malawi, de l’Ouganda, du Burundi et  de l’Egypte . Ces echanges sont  facilités par Innovation for change.

travaux en carrefour

Selon Mouna, un des facilitateurs de cette conférence, il est temps que les acteurs de la société civile de l’Afrique se mettent ensemble pour faire échec aux lois qui tentent de les museler. C’est un des objectifs de innovation for change qui vise  à renforcer l’espace civique et surmonter les restrictions, affirme-t-elle.

« Innovation pour le Changement (I4C) est un réseau mondial composé par des personnes et des organisations qui veulent se connecter, partager et apprendre ensemble afin de défendre et renforcer l’espace civique et surmonter les restrictions à nos libertés fondamentales de réunion pacifique, d’association et d’expression. Nous sommes un réseau dirigé par la communauté et inspiré par les idées, les méthodes et les technologies de tous les secteurs. Nous travaillons ensemble sur le plaidoyer, la recherche, le renforcement des réseaux, l’éducation et la formation, la collecte de fonds, l’alphabétisation numérique et le développement de la technologie », a précisé Mouna dans son exposé sur innovation for change.

Restitution

Après un échange d’expérience sur les lois et ou projet de lois sur les libertés publiques et d’association, les participants ont compris que les politiciens ont les mêmes stratégies pour faire taire les          acteurs de la société civile.

Cette formation va durée 5 jours soient du 28 Mai au 1 Juin 2018. Elle se tient à Imperial Botanical Hotel à plus de 45 Kilometres de la ville de Kampala.

 

 

By ppi2019

RDC : Une équipe de PPI reçue par Madame LEILA ZEROUGI (chef de la MONUSCO en RDC)

La chef de la MONUSCO
La chef de la MONUSCO

La chef de la MONUSCO, madame   Zirougi reconnait le travail que les défenseurs des droits de l’homme font dans la province du sud kivu.  Elle promet  que  la MONUSCO sera toujours disponible pour aider ces  de leur travail de chaque jour.

Elle l’a dit accours d’une rencontre avec les organisations de défenses de droit de l’homme, Samedi 05 Mai 2018  au bureau de la MONUSCO à Muhumba, dans la commune d’Ibanda.

Présent à cette rencontre, Justin Nkumbarhi, représentant l’ong Partenariat pour la protection Intégrée, PPI se dit fier d’avoir pu échanger avec le numéro1 de la mission onusienne en RDC.

«  C’était un plaisir de rencontrer Madame Zérougi. On a beaucoup échangé avec elle sur la situation des défenseurs de droits de l’homme qui sont victimes de beaucoup d’intimidations de la part de certaines autorités politico-militaires et d’autres acteurs. Elle a rassuré continuer à soutenir les défenseurs de droits de l’homme. Il leurs a demandé de toujours être objectif et bien documenter tous les cas de violations de droit de l’homme avec honnêteté. Elle a vraiment insisté sur la crédibilité de nous  défenseurs des droits de l’homme», précise Justin Nkumbarhi.

Pascal Mupenda (PPI)  entrain d’échanger avec Leila Zerougi et à coté les autres acteurs de la société civile

Après la rencontre avec les défenseurs des doits de l’homme, la chef de la MONUSCO a reçu les groupes minoritaires du sud kivu dont les pygmées. Plusieurs thèmes on été développé au cours des échanges  dont le dossier des FDLR cantonnés à Walungu, les groupes rebelles présents au Sud-Kivu et les élections  prévues en Décembre.

Pour rappel, PPI est une ong de droits congolais avec mandant international. Elle est présente en RDC, en Ouganda, au Burundi, en Angola, Zambie et Conga-Brazza, …..bref dans le neuf pays limitrophes de la RDC.

 

 

By ppi2019

Coupure intempestive d’internet, la RDC mauvais élève selon reporter sans frontière

En 2017, la liberté de la presse s’est encore dégradée dans le monde, indique l’ONG Reporters sans frontières dans son dernier rapport publié le 25 avril 2018. En Europe et aux Etats-Unis notamment, le climat de haine à l’encontre des journalistes se développe, ce qui menace les démocraties, s’inquiète RSF. En Afrique, si l’ONG note de légers progrès dans la zone subsaharienne, la situation est qualifiée de difficile, voire très grave dans 22 des 48 pays du continent.

L’Erythrée, le Soudan et Djibouti apparaissent une nouvelle fois comme les plus mauvais élèves africains du classement de Reporters sans frontières (RSF). Si la situation n’est pas aussi grave en Mauritanie, le pays connaît toutefois la plus importante régression du continent passant du 55e au 72e rang. En cause : l’adoption d’une loi punissant de peine de mort l’apostasie et le blasphème.

L’ONG dénonce ainsi la situation du blogueur Mohamed Cheikh Ould Mkheitir, toujours détenu après avoir pourtant purgé sa peine. Il avait été condamné à deux ans pour mécréance. Autres faits reprochés à la Mauritanie : la suspension de plusieurs médias et la difficulté d’aborder certains thèmes comme l’esclavage.

Dans d’autres pays comme le Togo, la Guinée ou le Tchad, l’ONG pointe du doigt la difficulté pour les journalistes de couvrir les manifestations à caractère politique ou social. RSFdénonce également les menaces contre les journalistes d’investigation. Pour Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique, « l’un des cas les plus emblématiques est celui d’Azory Gwanda en Tanzanie. C’est un journaliste qui menait des enquêtes sur des assassinats suspects de fonctionnaires et de policiers locaux, et qui est porté disparu depuis près de cinq mois maintenant. »

Internet coupé

Pour empêcher la circulation de l’information, l’ONG note une multiplication des coupures d’accès à Internet dans certains pays. « On a, explique Arnaud Froger, près d’une dizaine de pays qui y ont recours au cours des deux dernières années en Ethiopie, au Tchad. On a des récidivistes. Les plus notables étant la République démocratique du Congo, et puis le Cameroun aussi. »

Le Cameroun qui pointe d’ailleurs à une peu reluisante 129e place. A l’inverse, le Ghana, la Namibie, l’Afrique du Sud et le Cap-Vert font figure d’exemple. Ils apparaissent ainsi devant l’Espagne, la France et le Royaume-Uni.

L’Europe toujours meilleure élève

Ailleurs dans le monde, la situation est contrastée. L’Europe demeure le continent où la liberté de la presse est la moins menacée, mais certains pays ont lourdement chuté dans le classement. C’est le cas de Malte, par exemple, théâtre de l’assassinat, en octobre dernier, de la journaliste Daphne Caruana Galizia. L’île tombe à la 65e place. De même que de certains pays dans lesquels une partie de la classe politique s’en prend ouvertement aux médias, comme en Slovaquie ou en République tchèque.

Plus à l’est, la Russie et la Turquie, elles, continuent de dégringoler au classement. Le pays d’Erdogan, où s’enchainent les procès de masse, est toujours la plus grande prison du monde pour les journalistes.

Sur les continents nord et sud-américain, la situation diffère énormément d’une région à l’autre. Les Etats-Unis continuent de chuter sous le mandat de Donald Trump, dont la violence de la rhétorique anti-média n’a pas faibli. A tel point que l’été dernier, une coalition de vingt médias s’est créée autour d’un outil de surveillance de l’état de la liberté de la presse.

L’Amérique centrale reste, elle, une région très difficile pour l’exercice de la profession de journaliste. Le Mexique, avec onze journalistes tués, est d’ailleurs devenu le deuxième pays le plus meurtrier au monde. Plus au sud, le Venezuela de Nicolas Maduro enregistre la plus grosse chute du continent (- 6 places), pour tomber à la 143e place.

Sur le continent asiatique, la bonne nouvelle vient de la Corée du Sud, qui s’offre une progression de vingt places (la plus forte de tout le classement) avec l’élection du président Moon Jae-in et un certain apaisement dans l’audiovisuel public. Une situation qui contraste fortement avec celles qui prévalent en Asie du Sud-Est : le Cambodge, par exemple, a fait fermer des dizaines de médias et semble s’inscrire dans la lignée de la censure chinoise.

Enfin les pays du Moyen-Orient figurent essentiellement dans le bas du classement. Les conflits qui se poursuivent en Syrie (depuis 2011) et au Yémen (depuis 2014), ainsi que les politiques répressives d’Etats plus stables, au nom de la lutte antiterroriste, comme l’Egypte ou l’Arabie saoudite ne font qu’accroître la pression sur les médias, et font « de cette région du monde l’endroit où il est le plus difficile et dangereux pour une journaliste d’exercer sa profession », note RSF.

source: http://www.rfi.fr

 

By ppi2019

RDC : Les victimes des marches du 31 Déc 2017 et 21 Janvier 2018 réclament justice

Plus de trois mois après la manifestation du 31 Décembre 2017 et du 21 Janvier, qui a fait des morts et de millier des blessé, en RDC les victimes sont toujours abandonnées à leur triste sort. Un collectif d’avocats dénonce la « léthargie » de la justice congolaise. Le 6 mars dernier, ce collectif, qui représente 13 victimes présumées des marches du 31 décembre et du 21 janvier dernier, a déposé auprès de la Cour constitutionnelle une plainte pour « crime contre l’humanité » visant une quinzaine d’autorités politiques, militaires et policières et en premier chef le Premier ministre. Le collectif assure que depuis, cette plainte est restée lettre morte.

Il a du mal à contenir sa colère. Lievin Kandolo a perdu l’un de ses frères lors de la marche du 31 décembre. Depuis, sa famille n’a obtenu ni justice, ni vérité, ni la moindre assistance. Il denonce un abandon de l’Etat.

« La justice ne fait rien. Jusqu’à présent, nous ne savons pas qui a tué nos parents, s’indigne-t-il. Qu’ont-ils fait pour être tués ? Nous voulons le savoir ! Le gouvernement ne nous dit rien. On ne peut pas nous abandonner comme ça, avec nos familles, comme si nous étions des animaux. Nous n’avons pas de maison, pas à manger… Mon grand frère m’a laissé huit enfants dont je dois m’occuper, plus 11 petits-enfants. Et je n’ai pas de quoi les nourrir. », a-t-il confié à la RFI.

A ses côtés, un jeune homme en béquilles dit, lui, avoir reçu une balle dans la jambe le 31 décembre. Les deux hommes ont été entendus par la commission d’enquête mise sur pied par la ministre des Droits humains, mais sans suite.

Quant à la plainte déposée le 6 mars dernier par leur collectif d’avocats, elle est restée lettre morte, selon maître Nixon Kambale.

« La plainte n’a jamais quitté le bureau du procureur général de la République. Qu’est-ce qui se passe ? Où est le problème ? Si l’action n’est pas engagée, il y a de fortes craintes que les preuves puissent disparaître. »

Le collectif d’avocats dit avoir fait parvenir une copie de la plainte à la Cour pénale internationale, avec l’espoir qu’elle s’en saisisse, si au Congo la procédure n’avançait pas.

Mercredi soir, ni le ministre de la Justice ni la ministre des Droits de l’homme n’étaient joignables pour réagir à cette interpellation.

Source: RFI

 

By ppi2019

RDC: Un chef de guerre congolais accusé d’esclavage sexuel

 

C’est un procès hors norme qui s’ouvrira le 13 avril 2018 à Kalehe, en République démocratique du Congo (RDC). 10 ans après, 100 victimes des pires atrocités ont l’espoir d’obtenir justice avec le procès du chef de milice qui a régné en maître sur leur région pendant des mois. « Marocain » (c’est son nom de guerre) est notamment accusé d’esclavage sexuel, un crime peu poursuivi malgré son utilisation massive par les groupes armés de l’est de la RDC. Deux ans d’enquêtes, auxquelles TRIAL International a apporté son expertise, ont été nécessaires à l’ouverture du procès : un tournant important dans la reconnaissance de ce mal invisible.
Résumé de l’affaire
Le territoire de Kalehe est tristement connu pour son instabilité. Milices Mai-Mai et
armée congolaise s’y affrontent sans répit, et le contrôle effectif de la région fluctue
au gré de ces combats. Otages impuissants, les civils sont à la merci du vainqueur.
C’est ainsi que, de 2005 à 2007, une milice particulièrement cruelle a persécuté des
centaines de villageois en toute impunité. Lors de ces attaques, les hommes étaient
tués sur place ou faits prisonniers pour transporter les biens pillés, et les femmes et
les filles étaient gardées comme esclaves sexuelles.
La milice a finalement été vaincue en 2007 et ses commandants, dits « Colonel
106 » et « Marocain », ont été arrêtés. Le premier a déjà été condamné à perpétuité.
C’est à présent au tour de Marocain de faire face à ses actes. Un procès complexe, sous haute tension
La simple ouverture d’un procès est une victoire pour les victimes, mais celui-ci
présente d’indéniables complexités.
D’une part, la situation sécuritaire reste très volatile : si la milice de Marocain a été
anéantie, de nombreux autres groupes armés continuent de sévir dans la région. Les
victimes et les témoins sont particulièrement menacés.
D’autre part, l’ampleur et la gravité des crimes est hors du commun : des centaines
de victimes ont été recensées, les attaques se sont déroulées sur un territoire vaste
et difficile d’accès… sans parler des tabous liés aux crimes de violences sexuelles,
qui inhibent les victimes et les exposent à d’innombrables stigmas.
Du fait de la complexité de l’affaire, les enquêtes initiales étaient incomplètes et
n’offraient qu’une image partielle des crimes allégués de Marocain. La documentation des violences sexuelles, notamment, n’était que très peu développée.
2
A l’invitation de ses partenaires en RDC, TRIAL International a apporté son expertise
juridique au dossier : l’organisation a collaboré étroitement avec les ONG locales, les
victimes et leurs avocats pour documenter les crimes (collecte de preuves et de
témoignages, examens médicaux complémentaires) relatifs aux attaques impliquant
le Commandant Marocain, permettant ainsi de construire une stratégie juridique
solide. Un jalon dans la lutte contre l’impunité
Dix ans après les crimes subis, les victimes voient enfin un espoir d’obtenir justice.
Sur cette ligne de front entre l’armée et les milices rebelles, le symbole est d’autant
plus fort.
Le procès de Marocain est aussi l’occasion pour les autorités de montrer leur
engagement contre les crimes de masse, même lorsque les faits sont datés et les
accusés puissants. Il en va à présent de leur crédibilité que les audiences se
déroulent dans de bonnes conditions, dans le respect des droits et de la dignité de
toutes les parties.
L’affaire Marocain en 5 questions De quoi est accusé Marocain ?
Marocain est poursuivi pour crimes contre l’humanité par viol, emprisonnement, et
autres actes inhumains de caractère analogue ; ainsi que pour crimes de guerre par
esclavage sexuel, pillage, attaque contre la population civile et contre des bâtiments
consacrés à la religion. Il est également poursuivi pour participation à un mouvement
insurrectionnel.
Sa responsabilité pénale est engagée comme auteur direct pour avoir commis
individuellement, conjointement ou par l’intermédiaire d’autres personnes, les crimes
cités ci-dessus. En effet, une cinquantaine de victimes et témoins ont rapporté des
exactions l’incriminant personnellement ainsi que des miliciens agissant sous son
commandement. Quel est le lien entre l’affaire Marocain et celle du Colonel 106 ?
Marocain était le bras droit du Colonel 106. Leur milice attaquait souvent deux
villages simultanément, l’un sous le commandement du Colonel 106, l’autre sous le
commandement de Marocain.
Le Colonel 106 a été condamné à perpétuité en 2014. Ce verdict constitue un
précédent important puisqu’il représente l’une des rares condamnations pour
esclavage sexuel comme crime contre l’humanité en RDC, malgré l’utilisation
généralisée de cette pratique par les groupes armés.
Le procès de Marocain intervient dans la continuité de ce premier procès, puisqu’il
porte sur des faits analogues et reprend les mêmes chefs d’accusation.
3 Pourquoi le procès s’ouvre-t-il maintenant, 10 ans après les faits ?
Marocain n’a été arrêté qu’en août 2014. Il a été interrogé immédiatement et a avoué
sa participation à certaines attaques dès sa première audition.
Mais la première mission d’enquête sur le terrain n’a été menée qu’en 2016. Dans le
cadre d’un dossier de crime de masse de cette ampleur, les ressources nécessaires
pour mener à bien une enquête efficace et complète sont importantes (expertise
juridique sur les crimes de masse, ressources humaines, financières et matérielles
pour mener une enquête sur le terrain, dans des situations sécuritaires instables).
Une deuxième mission d’enquête a été nécessaire, permettant de récolter des
preuves et des témoignages incriminant Marocain directement.
Après cela, les autorités ont agi avec célérité : audition des victimes prioritaires et
des témoins clés, confrontations avec le prévenu ; tests médicaux
complémentaires…
Le procès en audiences foraines, initialement prévu pour 2017, a été retardé dû à un
contexte sécuritaire très instable dans la région de Bunyakiri. Quel a été le rôle de TRIAL International ?
TRIAL est intervenu à plusieurs étapes de la procédure :
· Documentation : participation aux missions de documentation, coaching des
avocats en charge de la collecte de preuve, financement de tests ADN et
médicaux complémentaires.
· Accompagnement des victimes : recensement des victimes, information et
coaching des ONG locales, assistance juridique gratuite via le biais des
avocats du collectif.
· Stratégie juridique : soutien et coaching continu aux avocats du collectif des
victimes, expertise technique dans l’analyse des preuves ; mise en place de la
stratégie juridique. Pourquoi ce procès est-il important pour la justice en RDC ?
D’une manière générale, les violences sexuelles sont sous-représentées dans les
procédures pénales en RDC en raison de leur complexité et des stigmas qui y sont
associés. La jurisprudence sur l’esclavage sexuel, en particulier, est embryonnaire.
La création d’un précédent, surtout en corrélation avec la condamnation du Colonel
106 pour des faits similaires, faciliterait la poursuite future de ce crime trop souvent
tu.
C’est aussi l’occasion pour les autorités congolaises d’approfondir leurs
compétences sur des dossiers de crimes de masse, souvent très complexes.